Archiver dans la catégorie ‘Wikileaks’
Boycott de PayPal & action d’Anonymous
Anonymous a l’ambition de faire couler PayPal. En réaction à l’arrestation de 16 Américains par le FBI, suspectés d’avoir participé à des attaques informatiques, le groupe appelle les internautes à se détourner du service de paiement en ligne. Des rumeurs évoquent plus de 24 000 comptes déjà fermés. Le cours d’eBay est en baisse à la bourse.
Les fuites Wikileaks que vous aviez manquées | Slate
Et, pour finir, une histoire un peu plus légère. Le président Hugo Chavez (actuellement en convalescence) a déclaré une guerre tout à fait bizarre aux fast-foods occidentaux. Des inspecteurs sanitaires soumettent les McDonald’s du pays à des inspections quasi quotidiennes. Les organismes de contrôle «ont expliqué que dans le cas de Domino’s, l’offre du mardi “Une pizza achetée, la seconde offerte” constitu[ait] une discrimination contre les personnes (…) qui voudraient manger une pizza les autres jours de la semaine».
>Washington veut mettre la main sur des comptes Twitter liés à WikiLeaks
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WikiLeaks a annoncé, samedi 8 janvier, que la compagnie Twitter avait reçu une injonction légale des autorités américaines lui demandant de livrer des informations sur le compte de Julian Assange et de trois autres personnes liées à WikiLeaks. Dans un communiqué, WikiLeaks explique que des responsables du département d’Etat américain réclament “les messages privés, les contacts, les adresses IP et des détails personnels sur le compte de Julian Assange et de trois autres personnes“.
Outre Assange, il s’agit de Birgitta Jonsdottir, une députée islandaise qui a travaillé avec WikiLeaks, Bradley Manning, le soldat américain soupçonné d’avoir volé des documents officiels, et du hacker néerlandais Rop Gonggrijp. L’injonction a été récupérée et mise en ligne par le site Salon.com.
“L’existence d’une enquête secrète pour espionnage menée par un grand jury américain est confirmé aujourd’hui pour la première fois”, a affirmé WikiLeaks. La formation d’un grand jury est strictement confidentielle aux Etats-Unis. Si l’information est vraie, cela signifie qu’une inculpation pourrait être imminente. Le New York Times rapportait, fin décembre, que le département de la justice des Etats-Unis travaillerait à une inculpation pour “conspiration” contre Julian Assange.
“Si le gouvernement iranien tentait d’obtenir des informations de cette manière auprès des journalistes ou des militants étrangers, des ONG dans le monde entier réagiraient”, s’étonne ensuite WikiLeaks. Ils estiment en outre avoir “des raisons de croire que Facebook et Google, entre autres, ont reçu des injonctions similaires de la justice” américaine. Aucune de ces deux compagnies n’a pour l’instant commenté cette information. Twitter n’a pas non plus souhaité réagir, soulignant que sa politique consistait à informer ses utilisateurs, dans la mesure du possible, lors que les autorités veulent avoir accès à des informations personnelles.
>Julian Assange: "C’est intéressant de voir la censure en Occident" – LeMonde.fr
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C’est intéressant de voir comment fonctionne la censure en Occident. Une censure économique extrajudiciaire, résultant d’ingérences politiques visant des multinationales. Ces pressions s’étendent aux banques suisses, sensibles aux menaces américaines de réglementation des flux financiers.
>Wikileaks va trop loin !
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>LE PIEGE WIKILEAKS – Blog de Paul Jorion
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Ce texte est un « article presslib’ » (*)
Un article du New York Times : Prospect of WikiLeaks Dump Poses Problems for Regulators par Andrew Ross Sorkin, attire l’attention sur le fait que les documents que Wikileaks s’apprête à diffuser à propos d’une grande banque, embarrasseront davantage les régulateurs du monde financier que cette banque elle-même.
C’est vrai. J’ai eu entre les mains (dans le cadre de mon activité légitime au sein de banques américaines !) les documents que l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le régulateur des banques américaines, et l’OTS (Office of Thrift Supervision), le régulateur des caisses d’épargne, adressaient à l’entreprise pour laquelle je travaillais, pour lui suggérer de modifier son comportement dans tel ou tel domaine ou sur tel ou tel aspect de son activité. Les régulateurs étaient bien informés, mais infiniment compréhensifs. Une lettre assurant qu’il serait apporté sans délai remède au problème soulevé vous offrait un sursis d’un an au moins. Dans le pire des cas, si le problème soulevé était vraiment gênant, on pouvait toujours… changer de régulateur. J’ai assisté à cela chez Countrywide : quand l’OTS est devenu un peu trop pressant, la compagnie a changé son statut de caisse d’épargne à celui de banque pour dépendre dorénavant de l’OCC. Ici aussi, la transition offrirait un sursis d’une durée confortable.
L’absence de régulation ne découle donc pas du fait que les régulateurs ne savent rien, mais du fait qu’ils n’agissent qu’avec une extrême mollesse. Et la raison là, c’est un rapport de force qui leur est défavorable. J’ai rapporté dans Comment on devient l’« anthropologue de la crise », une conversation que j’avais eue (ou plutôt qu’avait eue avec moi) un dirigeant de banque : « Il y a une chose que vous n’avez pas l’air de comprendre mon petit Monsieur : le régulateur, ce n’est pas lui qui me dira ce que je dois faire. Non, ce n’est pas comme ça que les choses se passent : c’est moi qui lui dirai quels sont les chiffres, il ne mouftera pas et les choses en resteront là. Un point c’est tout ! ».
Une simple question de rapport de force. Mais comme on l’a vu avec la publication du livre The Big Short de Michael Lewis, le fait que le public sache désormais aussi ce que le régulateur savait déjà, modifie soudain le rapport de force : on avait finance contre régulateur, et le régulateur était KO au premier round mais avec régulateur et opinion publique d’un côté, contre finance de l’autre, on commence à faire attention aux points.
Bien sûr le régulateur doit justifier alors le fait de ne pas avoir agi, bien qu’il ait su. Mais on l’a vu à propos de l’audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain, il existe une astuce à laquelle on peut avoir recours : mettre en scène une audition, et prétendre que l’on apprend tout le jour-même. Ce n’est pas très convaincant, ne serait-ce que parce que certains des auditeurs ne pourront pas s’empêcher de faire les malins, en posant des questions insidieuses qui trahissent qu’ils en savent beaucoup plus qu’ils ne le prétendent.
« Wikileaks produira des documents dans lesquels des banquiers discutent de la manière dont ils ont roulé un client, dont ils ont maquillé leurs chiffres ou même comment ils ont roulé les régulateurs dans la farine », suppute Sorkin dans l’article du New York Times. Au vu de la turpitude de dirigeants de grandes banques américaines, le même renversement du rapport de force aura lieu : le régulateur obtiendra le renfort de l’opinion publique.
La réaction des autorités pourrait être la même que dans le cas des faits rendus publics dans The Big Short : une audition au Congrès ou au Sénat. Mais il y a un hic – et un hic sérieux ! – Wikileaks a été désigné comme organisation techno-terroriste par le Vice-Président Joe Biden, ce qui suggère avec insistance que l’on doive ignorer ce qu’elle raconte. Le régulateur aura reçu le renfort de l’opinion publique, et celle-ci comprendrait très mal qu’il n’intervienne pas vu la gravité des faits révélés – même sur le tard, mais l’information aura été procurée par une organisation présentée comme terroriste dans un autre contexte : celui des 250 000 câbles diplomatiques américains transmis à la presse internationale. Peut-on traiter à la fois les informations diffusées par Wikileaks comme la propagande d’une organisation terroriste et comme des données sur la foi desquelles la justice se doit d’intervenir ? La raison d’État fait le premier choix et le peuple (quel empêcheur de tourner en rond décidément !), le second.
Il y a là un piège, et particulièrement machiavélique. Un certain nombre de personnes doivent s’activer à l’heure qu’il est pour que l’information sur les banques n’apparaisse jamais au grand jour. Il y a deux semaines exactement, je signalais le début de la guerre civile techno ; et ce n’est pas une « drôle de guerre » : il s’y passe plein de choses !
(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.
>WikiLeaks ou la troisième révolte
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Médecins sans frontières-WikiLeaks : mêmes méthodes, même combat ? Le rapprochement des deux mouvements peut choquer. Le premier est une association respectable et reconnue, saluée comme utile à l’humanité ; l’autre est un site Internet quasi clandestin, considéré, à la suite de ses dernières révélations, comme irresponsable.
A y regarder de plus près, il existe pourtant une parenté, voire une filiation, entre les deux démarches. L’une et l’autre se veulent l’émanation de citoyens refusant la raison d’Etat. L’une et l’autre ont pour ennemi la guerre et ses victimes car WikiLeaks, par-delà le sensationnalisme de ses dernières productions, est avant tout un site militant dont l’objectif est de mettre fin aux engagements militaires américains. L’une et l’autre enfin ont été créées sur l’idée que la justice est un impératif supérieur au droit, si bien qu’une juste cause rendrait licite l’usage de tout moyen d’action, fût-il illégal. Cette parenté n’est pas une coïncidence.
Elle est le fruit d’une histoire, la nôtre, depuis le sursaut libertaire de Mai 68 et la fin des grandes idéologies qui plaçaient l’intérêt de l’Etat au-dessus de celui des individus. L’âge des droits de l’homme est celui de la revanche du citoyen, dressé contre l’Etat et défendant, face à lui, ses libertés et ses droits. Ce mouvement citoyen a connu, depuis le début des années 1970, trois étapes successives. Chacune d’elles procède de l’échec de la précédente, échec réel ou supposé, mais qui nourrit la conviction que quelque chose de nouveau doit être inventé et tenté.