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Lana Del Rey, décryptage d’une mode à l’ère 2.0 | Slate
Courbe de viralité
C’est la gloire absolue pour la jeune chanteuse. Mais plus sa notoriété s’accroît, plus les voix discordantes se font entendre. Avec les plateaux télés et les couvertures de magazines viennent les attaques virulentes. Et ce sont ceux qui ont œuvré à son succès médiatique, en premier lieu les blogs musicaux, qui vont la critiquer le plus durement.
Un phénomène classique si l’on se reporte à la «courbe de la viralité», explique le sociologue Jean-Samuel Beuscart, selon qui il existe deux temporalités principales dans une hype. Pour un consommateur culturel (blogueur influent ou simple internaute lambda), il y a tout d’abord «le moment où on a l’impression d’être au début de la courbe de hype», lorsqu’«on accompagne et on découvre» un artiste, que l’on a donc l’impression légitime d’être présent au tout début de sa carrière.
Le deuxième temps constitue le «moment où ça [l’artiste, le livre, la série, etc.] devient un phénomène planétaire qui a l’air trop beau et trop orchestré pour être authentique. Alors, on crache dessus comme quelque chose qui n’est pas un vrai buzz ou pas une vraie viralité».
Le retour de bâton que subit Lana Del Rey serait donc, dans un paradoxe un peu pervers, la conséquence directe de son succès: «Ils crachent sur ce qu’ils ont aimé parce que ça n’a plus de valeur pour eux», confirme Jean-Samuel Beuscart.
Les drosophiles privées de sexe consomment de l’alcool
Dans la première partie de la vidéo, on voit un mâle faire une parade puis s’accoupler avec la femelle. Dans la deuxième partie, la femelle fait sortir ses organes génitaux pour dissuader le mâle. Ce dernier se dirige ensuite préférentiellement vers une source alimentaire fortement concentrée en alcool. © Science/AAAS
Fréquenter une salle de muscu, c’est faire du sport? | Slate
a fréquentation d’une salle de musculation n’est pas une chose dont on est censé se vanter. Autant «faire de l’exercice» est socialement valorisé, perçu comme un comportement positif, autant passer plusieurs heures par semaine à soulever de la fonte est considéré comme l’antithèse de l’idéal sanitaire et civilisationnel du «vrai sport».
C’est que rien de ce qui prétend transcender la poursuite d’une boule de cuir sur un morceau de gazon, ou encore les échanges mécaniques de petites balles jaunes au-dessus d’un filet, n’est réellement discernable dans les séances de torture que s’imposent les amateurs de «gonflette».
Pas d’esprit d’équipe, pas de fair play, pas de grand bol d’air vivifiant, aucune de ces métaphores de la vie superbement chorégraphiées pour un public de connaisseurs sur la pelouse du Stade de France ou l’argile de Roland-Garros… Non, juste la métamorphose vide de sens d’un gringalet complexé en monstre de foire à l’aide d’haltères et de stéroïdes!
Magazines masculins
D’autant plus que les revues «pour hommes», cette nouvelle race de périodiques dont l’émergence accélère le déclin de la presse automobile, consacrent un numéro sur deux aux dix moyens imparables de se doter d’une tablette de chocolat abdominale digne de l’ancien gouverneur de Californie. Hey, on imagine assez bien ce qu’il convient de penser d’une demi-portion dont le rêve est de ressembler à Terminator sur les conseils de GQ!
Moi-même, je suis inscrit dans une salle de gym et, en principe, je ne le crie pas sur les toits. Deux fois par semaine, à l’heure du déjeuner, je descends dans les sous-sols d’un immeuble anonyme du quartier de la Bourse pour m’infliger ce qu’un Martien de passage pourrait interpréter comme un bel hommage à Torquemada.
Du moins en prenant pour hypothèse que notre alien ait entendu parler de l’Inquisition, qu’il estime qu’elle soit digne d’admiration et que sa physiologie soit suffisamment proche de la nôtre pour qu’il se figure à quel point il est vain de chercher à soulever son propre poids au-dessus de sa poitrine allongé sur un banc en skaï. Mais bon, que savons-nous des Martiens et du regard qu’ils portent sur le fanatisme religieux et l’hypertrophie musculaire?
C’est tout juste si on le remarque sur la plage
A ma décharge, je ne suis ni un ancien gringalet, ni un futur monsieur Univers. Juste un type moyen qui s’est rendu compte que remplacer le cassoulet-Kronenbourg du mardi et du jeudi par un peu d’exercice ne pouvait pas lui faire de mal.
La faiblesse relative de mon investissement personnel dans la transformation de mon corps en sculpture d’Arno Breker a d’ailleurs été remarquée par mes camarades de souffrance, qui m’en font régulièrement la remarque, mi-rigolards mi-accablés, entre deux séries de squats:
«Ben tu pourrais tout de même prendre un peu plus! Tu ne te foules pas vraiment…»
Honnêtement, ils ont bien raison. Et l’idée de suivre leur exemple en me fixant un objectif de tour de biceps ne m’est jamais passée par la tête. D’abord, du sport, du «vrai», du consensuel, j’en fais déjà par ailleurs. Ensuite, je ne suis probablement pas de la fonte dont on fait le Monsieur Muscle: tiens, en sept ans de pratique régulière, c’est tout juste si j’ai atteint le stade auquel la voisine de serviette sur la plage remarque que vous faites de la muscu… Mais qu’importe : moi, je le sais. Je me sens en forme, j’ai l’impression, lorsque je retrouve mon ordi après une heure de gym et une douche, de recommencer ma journée depuis le début et j’aime bien l’idée d’avoir des pectoraux à un âge où mes semblables restés fidèles au cassoulet du midi ont surtout tendance à se laisser pousser les seins.
«Gonflette»
Ce qui ne m’empêche pas d’avoir préservé les poignées d’amour qui complètent si bien ma calvitie (les femmes adorent) et me donnent l’air d’avoir atteint une position sociale enviable. Un peu comme ces clés de Mercedes ou de Porsche que l’on pose négligemment sur une table de bistrot —l’impact écologique présumé en moins…
Du coup, le regard que je porte sur les culturistes authentiques n’est plus non plus si conventionnel. Et si la muscu est indubitablement une activité égotiste, l’effort qu’elle demande vaut bien celui qu’exigent la course ou l’aviron. La notion même de «gonflette», d’ailleurs, qui tend à suggérer que le muscle se développe à l’aide d’une pompe à vélo pendant que son propriétaire feuillette le dernier numéro de Fitness magazine en sirotant du Gatorade, est totalement inepte et le niveau de concentration atteint par les meilleurs est très impressionnant. Il est vrai que l’atmosphère de l’endroit où vous choisissez de faire vos crunches, vos pull-ups, push-ups et autres flexions-extensions jargonneuses joue beaucoup sur la perception que vous vous ferez de ces forts des Halles en justaucorps Décathlon.
Ma salle à moi, véritable repaire de livreurs, de serveurs de bistrots et d’employés de bureau à 500 mètres de l’un des «gyms» les plus chics de Paris, parce qu’elle pue la transpiration, parce que les vestiaires y sont trop petits, parce qu’elle ne propose ni sauna, ni hammam, ni bronzage, convient parfaitement au double-objectif précédemment évoqué: modération cassouletière et fierté pectorale. Haltères et ego.
Hugues Serraf
Tous ces malheureux dont on ne parle pas | Atlantico
Les discriminations fondées sur la race ou l’origine sont l’objet d’une stigmatisation publique obsessionnelle. Le Défenseur des droits, héritier de la HALDE veille. On ne dit guère, cependant, que s’agissant des immigrés, ces discriminations frappent les garçons et très peu les filles dont l’ascension sociale est remarquable. Les discriminations des femmes au travail sont bien réelles, mais, à y regarder de près, elles touchent surtout celles qui ont aussi la mauvaise idée d’être mères de famille, dont les carrières sont interrompues. Attention à ne pas trop le dire : défendre la femme oui, la mère de famille, danger : le spectre de Pétain n’est pas loin !
La pilule qui rend moins raciste | LeFigaro.fr
Des chercheurs de l’université d’Oxford ont découvert qu’un médicament couramment utilisé pour abaisser le rythme cardiaque réduit le racisme inconscient.La prise d’un médicament courant utilisé pour lutter contre l’hypertension a un effet secondaire inattendu: il rend moins raciste. Des chercheurs de l’université d’Oxford en Grande-Bretagne se sont rendu compte que les personnes qui avaient pris du propranolol, un médicament connu en France sous le nom Avlocardyl, avait un score «significativement moins élevé» à un test sur les préjugés racistes inconscients, par rapport au groupe témoin qui avait pris un placebo. Le produit chimique n’a en revanche pas modifié l’attitude consciente des sujets sur le racisme.
Le propranolol est un médicament de la classe des bêtabloquants, utilisé pour lutter contre l’hypertension, et dont l’effet principal est de réduire le rythme cardiaque. Il sert aussi à réduire les effets physiques de l’anxiété. Son action se fait sur une partie du cerveau liée aux émotions, dont le sentiment de peur.
L’étude a été réalisée sur un panel assez restreint, avec seulement «36 hommes d’origine ethnique blanche», mais les résultats sont tout de même troublants et ouvrent la porte à de nombreuses questions éthiques. «Certaines personnes se demandent déjà s’il faudrait utiliser ce médicament pour soigner le racisme», regrette Sylvia Terbeck, la chercheuse du département de psychologie expérimentale de l’université d’Oxford qui a réalisé les recherches, publiées dans la revue Psychopharmacology.
Plus on est riche, moins on a de morale, c’est prouvé – LeMonde.fr
Dans un climat politique où il est tant question d’opposition entre les “élites” et le “peuple”, voici une étude qui devrait faire couler beaucoup d’encre. Et pour cause : des chercheurs américains et canadiens documentent, dans l’édition du lundi 27 février de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), l’existence d’une relation inverse entre élévation dans la hiérarchie sociale et éthique du comportement individuel. C’est-à-dire, exprimé de manière un peu plus directe, que plus vous êtes riche, plus vous êtes susceptible de vous comporter de manière moralement lamentable.
L’équipe américano-canadienne menée par Paul Piff (université de Californie à Berkeley) a quelques arguments. Les chercheurs ont mené pas moins de sept protocoles expérimentaux différents, qui concluent tous dans le même sens.
On s’est parcequ’on n’a pas de morale qu’on peut être riche !
Naufrage du Costa Concordia: «Des gens repoussaient des enfants pour prendre leur place dans les chaloupes» – 20minutes.fr
Aucun exercice d’évacuation n’est un bon exercice.Des chercheurs ont travaillé sur l’évacuation en urgence d’un avion. 300 personnes. A chaque fois, cela se passait bien. Même si l’avion était rempli de fumée au moyen de fumigènes.
Par contre, ils ont tenté plusieurs exercices avec cette consigne: sur les 300 personnes que vous êtes, les 150 premiers à sortir recevront 10 dollars. Les autres, rien.
A chaque fois, c’était la panique, avec des bousculades, et l’évacuation, une catastrophe (elle prenait beaucoup plus de temps!)Chaque exercice d’évacuation devrait être mené sur ce modèle. Ainsi, entre l’exercice et la situation réelle, il n’y aurait pas un si grand écart. Dixit les chercheurs.
Paroles de tortionnaire : « Duch, le maître des forges de l’enfer » | Rue89 Culture
La « banalité du mal » revisitée – Jean-François Dortier
Comment des hommes ordinaires peuvent-ils devenir des bourreaux ? Simplement en exécutant les ordres, expliquait Hannah Arendt. Une série d’études récentes remet en cause ces conclusions. La « soumission à l’autorité » n’est pas aussi facile à induire qu’on l’a dit.
L’expression « banalité du mal » provient du sous-titre du livre qu’Hannah Arendt a consacré au procès d’Adolf Eichmann, le haut fonctionnaire nazi chargé de la logistique de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale (1). Ayant fui vers l’Argentine après la guerre, A. Eichmann est retrouvé par les services secrets israéliens en 1960, arrêté puis conduit en Israël où son procès s’ouvre en 1962. H. Arendt assistera à tout le procès pour le New York Times. Durant ces auditions, A. Eichmann n’a cessé de proclamer qu’il n’a fait « qu’exécuter les ordres ». Le témoignage de cet homme, apparemment si ordinaire, qui ne semble obnubilé ni par la haine ni par l’idéologie, va convaincre H. Arendt de sa thèse sur la banalité du mal. La monstruosité d’un régime peut parfaitement s’appuyer sur le travail ordinaire de fonctionnaires zélés se soumettant aux ordres. Pas besoin de haine ou d’idéologie pour expliquer le pire, la soumission suffit.
Quelque temps plus tard, le psychologue américain Stanley Milgram entreprend de démontrer expérimentalement ce que H. Arendt a révélé au procès Eichmann : la soumission à l’autorité suffit pour transformer un homme ordinaire en bourreau. C’est ainsi qu’est réalisée l’expérience la plus célèbre de toute l’histoire des sciences humaines (2). Au début des années 1960, S. Milgram recrute des personnes qui croient participer à une expérience scientifique. Il leur est demandé d’administrer des chocs électriques à des sujets attachés sur une chaise s’ils ne répondent pas correctement à des questions. D’abord étonnés, les bénévoles s’exécutent de leurs tâches, n’hésitant pas à envoyer des décharges électriques de plus en plus puissantes. L’expérience se révèle donc concluante : on peut commettre des actes violents sans forcément être poussé par la haine. Il suffit d’être sous l’emprise d’ordres impérieux. Chacun d’entre nous pourrait donc devenir un bourreau ?
Emmanuel Todd : « Familles, je vous aime » « Fortune
Si les Européens ont pu inventer avant tout le monde la civilisation industrielle, la démocratie et beaucoup d’autres choses, c’est parce que leurs familles sont restées archaïques comme aux premiers temps de l’Histoire…
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« La joyeuse famille », inspiré du proverbe : « Ce que chantent les vieux, les petits le fredonnent » – Jan Steen, 1668
Tel est le paradoxe succulent que développe l’historien Emmanuel Todd dans L’origine des systèmes familiaux.
L’allure juvénile, Emmanuel Todd s’est attiré une réputation sulfureuse par ses interventions à l’emporte-pièce dans les émissions politiques et plus encore par ses prédictions (chute de l’URSS, affaissement de la puissance américaine, éloignement de la menace islamiste…). Bien malin qui trouvera dans ses essais une erreur de diagnostic.
Mais loin des médias, c’est aussi un travailleur acharné et d’une érudition encyclopédique. Il nous en offre la preuve avec l’ouvrage majeur de sa carrière d’historien : L’origine des systèmes familiaux (tome 1 : l’Eurasie) (Gallimard). Il mêle histoire, anthropologie et démographie dans cette analyse comparée de 600 groupes familiaux de tous les continents et de toutes les époques. Et de façon inattendue, l’ouvrage nous éclaire sur nous-mêmes et notre environnement.
Du communisme à la familleComment avez-vous été entraîné dans l’étude des systèmes familiaux ?
J’y suis venu pendant mes études d’histoire à Cambridge à la faveur d’un mémoire, il y a près de quarante ans, sous la direction de Peter Laslett. Et très vite, j’ai discerné une corrélation entre la structure familiale et le régime politique dans les pays où avaient eu lieu une révolution communiste au XXe siècle : la Russie, la Chine, la Yougoslavie et le Vietnam.
Dans les milieux traditionnels de ces pays-là se rencontrait partout une famille de type communautaire avec les fils mariés vivant sous l’autorité paternelle, dans le foyer patriarcal.
À l’opposé, en Angleterre, où sont nées au XVIIe siècle la révolution industrielle, la démocratie représentative et l’Habeas corpus, nous rencontrons une famille nucléaire absolue, où chaque ménage vit de manière autonome et laisse partir ses enfants à leur majorité sans même se soucier de leur héritage.
En France, autour de Paris, domine la famille nucléaire égalitaire, qui veille à ce que les enfants (du moins les garçons) aient les mêmes droits, notamment en matière d’héritage. J’y vois l’origine de l’aspiration des Français à l’égalité plus encore qu’à la liberté.
Notons que c’est aux États-Unis, pays de culture anglo-saxonne, et pas en France, que des milliardaires comme Bill Gates et Warren Buffett acceptent de déshériter leur progéniture.
Déroulant mon intuition initiale, j’observe aussi qu’en Allemagne et au Japon domine la famille souche, où seul l’un des fils demeure avec sa femme et ses enfants sous l’autorité paternelle en attendant la succession. Est-ce un hasard si cette famille à la fois autoritaire et inégalitaire a généré au début du XXe siècle les systèmes politiques que l’on sait ?
Ces observations, me semble-t-il, remontent à une vingtaine d’années. Avez-vous progressé depuis lors ?
Au départ, je me suis rangé comme tout un chacun sous la bannière du structuralisme cher à mon lointain cousin Levi-Strauss. Cette doctrine conçoit chaque société comme une structure dont tous les éléments – famille, religion, politique… – sont imbriqués dans un ensemble stable et cohérent.
Mais au fil de mes travaux, j’ai observé que les systèmes familiaux sont mouvants, susceptibles de se transformer dans l’espace et le temps. Je me suis appliqué à retracer leurs phases d’expansion et de régression.
Par exemple, en observant aux deux extrémités de l’Inde de petites communautés attachées à la polyandrie (une femme mariée à plusieurs hommes), j’en déduis que ce système pour le moins atypique a été autrefois répandu sur une grande partie de l’Inde avant d’être refoulé à la périphérie.
Par cette méthode «diffusionniste», j’ai pu détailler l’évolution de la famille dans les grandes régions de la planète, du Japon à l’Europe, en lien avec les aléas historiques : invasions, migrations, échanges, soubresauts politiques…
Ainsi, la Chine antique a connu jusqu’au IIIe siècle avant notre ère une période féodale brutale mais aussi très créatrice, l’époque des «Royaumes combattants», qui coïncidait avec une structure familiale de type souche.
Sous les premiers empereurs, elle a évolué vers une famille de type communautaire avec avantage à l’aîné des garçons.
Elle est arrivée au XXe siècle à une famille de type communautaire et autoritaire, réduisant les femmes à un statut très médiocre comme l’atteste la coutume des pieds bandés dans l’aristocratie. Il m’est difficile de croire que ce type de société puisse être porteur de progrès.
Mais que penser des succès économiques de la Chine contemporaine ?
La Chine est actuellement en phase de rattrapage mais je doute qu’elle aille au-delà car elle est trop handicapée par ses structures familiales et le statut accordé aux femmes.
Allez-vous me dire que vous avez davantage confiance en l’avenir de notre vieux continent ?
Pourquoi pas, si ses structures familiales ne changent pas ?
Le paradoxe qui ressort de mes recherches, c’est que l’Europe occidentale, qui n’a inventé ni les villes, ni l’agriculture, ni l’écriture, a pour elle l’avantage de ses défauts. Elle est globalement restée fidèle au modèle familial primitif : la famille nucléaire, vaguement soudée au reste de la société.
Cette famille nucléaire est propice à l’épanouissement des facultés individuelles, hors de toute contrainte sociale. L’Angleterre, hier, les États-Unis, aujourd’hui, en sont un bon exemple. Peut-être demain… l’Indonésie, qui a également une structure familiale de type nucléaire, avec une relative égalité entre les hommes et les femmes et donc, si étonnant que cela paraisse, de bonnes prédispositions à l’innovation.
Que penser des secousses qui affectent la famille nucléaire, en Europe : précarité des unions, homoparentalité, familles décomposées-recomposées… ?
Ces changements sont le reflet de notre société néolibérale et résolument individualiste. Ils sont en harmonie, si l’on peut dire, avec le démontage méthodique des institutions collectives par le pouvoir politique. J’aurai l’occasion de revenir là-dessus dans un prochain livre.